L'une développe des soins pour la peau, une autre du matériel de cuisine pour les grands chefs, une troisième encore des portes automatiques ultra-perfectionnées. Toutes, elles font figure de référence et accroissent leurs parts de marché. L'Allemagne compte un grand nombre d'entreprises leaders sur leur marché. Ce sont ces battantes qui, de la PME au groupe international, "posent les bases du boom économique actuel et de l'essor de l'emploi" outre-Rhin, explique l'hebdomadaire "Wirtschaftswoche" (édition du 7 mai 2007), dans une enquête qui détaille les ressorts de leur réussite.
Le magazine a interrogé Bernd Venohr, professeur de management stratégique à Berlin et spécialiste de la stratégie des PME les plus performantes sur les marchés internationaux. En Allemagne, le chercheur n'a recensé pas moins de 1.300 entreprises leader d'un marché sur les seules firmes dépassant les 50 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel. Et "il en a sûrement plus d'un millier d'autres, micro-leaders sur leur marché", estime-t-il. La taille n'est plus un critère. Les champions du monde, "voilà longtemps que ce ne sont plus les grands groupes comme DaimlerChrysler, ThyssenKrupp, Metro ou Henkel, qui conquièrent les marchés mondiaux à l'aide d'articles à succès, implantent des filiales à l'étranger et y délocalisent leur production. Les PME allemandes, et même les petites entreprises ont fait leurs gammes sur le clavier de la mondialisation. C'est à leur crédit qu'il faut mettre une grande partie du boom des exportations allemandes", constate "Wirtschaftswoche".
Où se trouvent donc ces champions du monde, et quels sont leurs secrets ? "Les points forts traditionnels de l'Allemagne résident dans les technologies à haute valeur ajoutée comme la construction automobile, la chimie et la construction de machines", a expliqué à l'hebdomadaire Jürgen Matthes, directeur de la section de politique économique internationale à l'institut IW de Cologne. Mais les entreprises allemandes sont également très bien placées dans les dynamiques technologies de pointe. Par exemple, dans l'optique, les technologies médicales, les techniques environnementales, les nanotechnologies, les technologies solaires, les biotechnologies ou encore les technologies-matières. L'Allemagne est aussi un "site technologique puissant dans le domaine informatique", malgré le faible nombre d'entreprises de grande taille.
Les clés de la réussite, elles, tiennent à plusieurs facteurs. L'adaptation, tout d'abord. "Au niveau macroéconomique, les entreprises tirent profit du fait qu'elles se sont restructurées [.], qu'elles ont massivement investi dans la commercialisation et les réseaux de services, et qu'elles ont délocalisé certains services [.]. Beaucoup ont, en outre, conclu des alliances pour l'emploi qui ont permis de réduire les coûts du travail et de flexibiliser le temps de travail", explique l'hebdomadaire.
L'ajustement à la demande mondiale fournit une deuxième explication. De manière générale, les produits allemands correspondent bien aux profils de la demande qui émanent des pays émergents à très forte croissance comme le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine. "L'Allemagne fabrique ce dont ces pays ont besoin : de l'infrastructure pour l'industrialisation, et de la qualité pour une classe supérieure en très rapide augmentation", commente M. Venohr. "Et nous, nous avons besoin de ce que ces pays produisent, par exemple des marchandises de masse peu onéreuses venues de Chine, dans le domaine textile ou l'électronique de divertissement, ou encore du pétrole et du gaz de Russie".
Enfin, il y a les recettes "maison". Bernd Venohr en a identifié trois. La première est la domination d'un créneau porteur, d'une "niche". Elle s'est souvent constituée au fil d'une expérience de plusieurs décennies. L'entreprise Klobus, en Westphalie, par exemple, exporte 90% de sa production, couvre environ un tiers du marché des machines à relier et estime que plus de 80% des livres reliés dans le monde l'ont été sur ses machines. La famille Schiedmayer, elle, fabrique des instruments à clavier depuis 270 ans, elle est à l'origine du célèbre célesta et il n'existe aucun orchestre ou opéra dans le monde qui ne possède au moins un de ses instruments.
Un deuxième facteur "maison" est la combinaison d'une structure de capital familiale et d'un mode de gestion professionnel. Plus de 800 des 1.300 numéros un mondiaux originaires d'Allemagne demeurent des possessions familiales. "Ils sont orientés sur du plus long terme que les entreprises cotées en bourse, ils se concentrent sur des marchés durables et peu sensibles aux variations, et leur mode d'expansion est si conservateur qu'il ne met pas en péril l'entreprise". Le fabricant de portes Dorma, par exemple, fondé en 1908, équipe aujourd'hui la Maison blanche, le Kremlin, la chancellerie allemande et les gratte-ciels de Dubaï en systèmes perfectionnés de fermeture et d'ouverture.
Dernier facteur : l'excellence opérationnelle. C'est l'un des atouts allemands traditionnels. Il se traduit aujourd'hui dans l'investissement dans des processus internes modernes, et par l'attention portée à tous les secteurs de l'entreprise. Le fait qu'un grand nombre de patrons allemands soient à la base des ingénieurs ou des diplômés en sciences naturelles "conduit à un mode de réflexion global qui permet d'optimiser et de développer [l'entreprise] à mille lieues des modes de gestion à court terme qui promettent des remèdes simples à tous les maux", ajoute "Wirtschaftswoche".
Enfin, les entreprises misent naturellement sur l'innovation. Sa production est, elle aussi, "organisée", grâce à des pôles de compétitivité. Il en existerait quelque 200 en Allemagne. C'est grâce à ces pôles que l'Allemagne de l'est est, par exemple, devenue l'un des sites les plus importants au monde dans le domaine de l'énergie solaire.
L'une développe des soins pour la peau, une autre du matériel de cuisine pour les grands chefs, une troisième encore des portes automatiques ultra-perfectionnées. Toutes, elles font figure de référence et accroissent leurs parts de marché. L'Allemagne compte un grand nombre d'entreprises leaders sur leur marché. Ce sont ces battantes qui, de la PME au groupe international, "posent les bases du boom économique actuel et de l'essor de l'emploi" outre-Rhin, explique l'hebdomadaire "Wirtschaftswoche" (édition du 7 mai 2007), dans une enquête qui détaille les ressorts de leur réussite.
Le magazine a interrogé Bernd Venohr, professeur de management stratégique à Berlin et spécialiste de la stratégie des PME les plus performantes sur les marchés internationaux. En Allemagne, le chercheur n'a recensé pas moins de 1.300 entreprises leader d'un marché sur les seules firmes dépassant les 50 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel. Et "il en a sûrement plus d'un millier d'autres, micro-leaders sur leur marché", estime-t-il. La taille n'est plus un critère. Les champions du monde, "voilà longtemps que ce ne sont plus les grands groupes comme DaimlerChrysler, ThyssenKrupp, Metro ou Henkel, qui conquièrent les marchés mondiaux à l'aide d'articles à succès, implantent des filiales à l'étranger et y délocalisent leur production. Les PME allemandes, et même les petites entreprises ont fait leurs gammes sur le clavier de la mondialisation. C'est à leur crédit qu'il faut mettre une grande partie du boom des exportations allemandes", constate "Wirtschaftswoche".
Où se trouvent donc ces champions du monde, et quels sont leurs secrets ? "Les points forts traditionnels de l'Allemagne résident dans les technologies à haute valeur ajoutée comme la construction automobile, la chimie et la construction de machines", a expliqué à l'hebdomadaire Jürgen Matthes, directeur de la section de politique économique internationale à l'institut IW de Cologne. Mais les entreprises allemandes sont également très bien placées dans les dynamiques technologies de pointe. Par exemple, dans l'optique, les technologies médicales, les techniques environnementales, les nanotechnologies, les technologies solaires, les biotechnologies ou encore les technologies-matières. L'Allemagne est aussi un "site technologique puissant dans le domaine informatique", malgré le faible nombre d'entreprises de grande taille.
Les clés de la réussite, elles, tiennent à plusieurs facteurs. L'adaptation, tout d'abord. "Au niveau macroéconomique, les entreprises tirent profit du fait qu'elles se sont restructurées [.], qu'elles ont massivement investi dans la commercialisation et les réseaux de services, et qu'elles ont délocalisé certains services [.]. Beaucoup ont, en outre, conclu des alliances pour l'emploi qui ont permis de réduire les coûts du travail et de flexibiliser le temps de travail", explique l'hebdomadaire.
L'ajustement à la demande mondiale fournit une deuxième explication. De manière générale, les produits allemands correspondent bien aux profils de la demande qui émanent des pays émergents à très forte croissance comme le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine. "L'Allemagne fabrique ce dont ces pays ont besoin : de l'infrastructure pour l'industrialisation, et de la qualité pour une classe supérieure en très rapide augmentation", commente M. Venohr. "Et nous, nous avons besoin de ce que ces pays produisent, par exemple des marchandises de masse peu onéreuses venues de Chine, dans le domaine textile ou l'électronique de divertissement, ou encore du pétrole et du gaz de Russie".
Enfin, il y a les recettes "maison". Bernd Venohr en a identifié trois. La première est la domination d'un créneau porteur, d'une "niche". Elle s'est souvent constituée au fil d'une expérience de plusieurs décennies. L'entreprise Klobus, en Westphalie, par exemple, exporte 90% de sa production, couvre environ un tiers du marché des machines à relier et estime que plus de 80% des livres reliés dans le monde l'ont été sur ses machines. La famille Schiedmayer, elle, fabrique des instruments à clavier depuis 270 ans, elle est à l'origine du célèbre célesta et il n'existe aucun orchestre ou opéra dans le monde qui ne possède au moins un de ses instruments.
Un deuxième facteur "maison" est la combinaison d'une structure de capital familiale et d'un mode de gestion professionnel. Plus de 800 des 1.300 numéros un mondiaux originaires d'Allemagne demeurent des possessions familiales. "Ils sont orientés sur du plus long terme que les entreprises cotées en bourse, ils se concentrent sur des marchés durables et peu sensibles aux variations, et leur mode d'expansion est si conservateur qu'il ne met pas en péril l'entreprise". Le fabricant de portes Dorma, par exemple, fondé en 1908, équipe aujourd'hui la Maison blanche, le Kremlin, la chancellerie allemande et les gratte-ciels de Dubaï en systèmes perfectionnés de fermeture et d'ouverture.
Dernier facteur : l'excellence opérationnelle. C'est l'un des atouts allemands traditionnels. Il se traduit aujourd'hui dans l'investissement dans des processus internes modernes, et par l'attention portée à tous les secteurs de l'entreprise. Le fait qu'un grand nombre de patrons allemands soient à la base des ingénieurs ou des diplômés en sciences naturelles "conduit à un mode de réflexion global qui permet d'optimiser et de développer [l'entreprise] à mille lieues des modes de gestion à court terme qui promettent des remèdes simples à tous les maux", ajoute "Wirtschaftswoche".
Enfin, les entreprises misent naturellement sur l'innovation. Sa production est, elle aussi, "organisée", grâce à des pôles de compétitivité. Il en existerait quelque 200 en Allemagne. C'est grâce à ces pôles que l'Allemagne de l'est est, par exemple, devenue l'un des sites les plus importants au monde dans le domaine de l'énergie solaire.